13 avril 2026 / 19 avril 2026

Posté par Haslam Atufal le lundi 13 avril 2026

13 avril 2026 (Lundi)

Café bucolique.

Il rêve le soleil sous sa couverture nuageuse, il invoque les pétales de cerisier qui déjà cèdent leurs places aux feuilles. C’est un café qui a besoin de temps, et compte bien le prendre malgré le fait que rien ne peut freiner sa course.

Ce n’est donc pas du tout le bon café pour un lundi !

Un lundi, il faut du café industrieux, productif, conquérant. Du café de winner. Pas du café de poète. Le café poétique ne produit rien, c’est à cela qu’on le reconnait d’ailleurs.

Bref.

14 avril 2026 (Mardi)

Café endormi.

Il somnole sur sa chaise, il n’est pas tout à fait présent. Ce café fait acte de présence, mais il ne faudra pas en attendre beaucoup plus.

À force d’avoir la tête ailleurs, il s’interroge sur cette particularité de notre espèce.
Existe-t-il un autre animal capable d’être ici sans être là ?

Vu de loin, notre capacité à rêvasser debout ne semble pas hyper avantageux en terme de sélection naturelle…

C’est donc un café qui va y regarder à deux fois avant de traverser la route.

15 avril 2026 (Mercredi)

Café indolent.

Il prend la mesure, il prend son temps, il prend la fuite. Il prend beaucoup au fond, mais ne donne peu.

Le plus remarquable dans cette affaire, c’est qu’il le fait sans même s’en rendre compte. C’est fait sans effort, sans bruit, sans à-coup, une seconde nature chez lui.
On dirais un échange entre deux joueurs de tennis pro. Cela semble si facile, vu des gradins !

Néanmoins ce café doit donner aussi. Ce sera donc le thème du jour, rendre son dû à qui de droit.

16 avril 2026 (Jeudi)

Café Alma. Il traverse la Seine, il salue la vielle Dame de Fer, il paye son obole à l’église orthodoxe russe.

Il y a belle lurette que 5h est passé et que Paris s’est éveillé. Moi à 5h, j’étais bien au fond de mon lit occupé à chercher le sommeil, une activité particulièrement éprouvante contrairement à ce que l’on pourrait croire.

Mais Paris à plutôt bonne mine ce matin je trouve, ce qui n’est pas mon cas.
Enfin, il faut bien que la journée se fasse, alors showtime 😅

17 avril 2026 (Vendredi)

Café cuisine.
Il fleure bon le beurre demi-sel, la confiture maison et le pâté pour chat (!). C’est donc un café vêtu du quotidien le plus ordinaire, un café qui ressemble à de milliers d’autres qui se boivent au même moment dans des milliers de cuisines.

C’est réconfortant, autant de solidarité !

C’est aussi un café de dernier jour avant les vacances scolaires. Ce qui signifie pas d’école pour garder les enfants la semaine prochaine.

Ah.

Ce café va avoir besoin de café pour tenir le coup.

18 avril 2026 (Samedi)

Café laboratoire. Il rentre de sa prise de sang pour retrouver l’adolescent en pleine conversation avec le chat.

À les écouter, il comprend que la forme de vie supérieure, c’est bel et bien le chat. Le thèse selon laquelle nous n’aurions évolué que pour nous permettre de nourrir les félins tient la route.
Et encore, quand on dit « évoluer », il faut voir ce que l’on nomme civilisation !

Le chat abandonne le débat et saute du canapé. Je le soupçonne d’être consterné par la pauvreté de nos propos.

18 avril 2026 (Samedi - 15h)

Thé time matcha. Le soleil joue encore de la réserve, mais si je me fie aux passantes, l’été bat son plein, et mes lunettes de soleil n’ont aucune intention de les contredire.

Je déambule d’une galerie à la suivante, sans autre projet ni objectif précis que d’oublier un peu qui je suis et comment je me nomme.

Malheureusement, nul ne s’échappe longtemps, et l’effort est presque aussi vain que d’échapper aux nouvelles du monde.

Et dieu qu’elles sont morbides, ces nouvelles…

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19 avril 2026 (Dimanche)

Café social. Comme il a booké quelques spectacles et quelques expositions, il a le sentiment d’avoir quelque peu rempli le vide existentiel qui conditionne notre existence éphémère, malgré la vacuité totale de cet exercice.

Oui, aucun doute, ce café est bien noir. Il va falloir que j’y mettre une pointe de lait ! Heureusement, j’ai sous la main un recueil de poésies qui n’attend que de se confronter à mon caractère ombrageux.

Si le soleil daigne se montrer, il a peut être une chance.
Ou pas.