27 avril 2026 (Lundi)
Café montagne bleue.
C’est beau, une montagne, et en particulier quand elle est bleue. Il suffit d’ailleurs de l’évoquer pour qu’immédiatement son image se convoque dans notre esprit.
Ce qui est surprenant au fond, parce que de là où je me tiens, nulle montagne à l’horizon. Il faut croire que les symboles que notre inconscient collectif charrie sont profondément enracinés.
Il s’agit donc d’un café qui se prend pour Caspar David Friedrich contemplant une mer de nuage.
Ca va être violent, le RER !
28 avril 2026 (Mardi)
Café cutter, tournevis et perceuse-visseuse. Dans une autre vie, ce café a du savoir faire quelque chose de ses dix doigts.
Mais alors une autre vie lointaine, dans une dimension parallèle, de toute évidence pas à proximité de la notre !
Bon.
En même temps, ce café sait que dans Mad Max, il est probablement le cadavre purulent accroché au capot d’une voiture gigantesque. Il n’y a vraiment pas une seule once de McGuyver dans ce café, et pour la peine, il fait vraiment du travail d’arabe 😆
29 avril 2026 (Mercredi)
Café somnambule. C’est un café commun je crois, qui ne sait dans quel état il se trouve, quelque part entre les bribes de sommeil et la lumière du jour.
Dans ces moments là, tout semble possible, et la tournure des événements prend l’allure de l’envol d’une pièce de monnaie. Pile ou face ?
Tranche.
Ah. Si même le hasard refuse de prendre les devants…
Parfois, choisir n’est pas la bonne décision. Il faut alors se résoudre à poursuivre deux ou trois lièvres à la fois. Ce café sera athlétique.
30 avril 2026 (Jeudi)
Café métamorphoses.
Il s’amuse comme Ovide le faisait deux milles ans plus tôt de la nature sans cesse renouvelé des formes que nous prenons alors que nous poursuivons toujours les mêmes affects.
Même si nos corps n’ont pas le caractère infiniment plastique des dieux romains (quoique), notre imaginaire est sans limite en ce qui concerne notre capacité à imaginer titres et situations.
Il est probablement vain d’en faire l’inventaire.
Il ne reste à l’observateur que le plaisir de les décrypter.
01 mai 2026 (Vendredi)
Café de travailleur qui chôme. Il n’a pas vu venir le μ gai mais il faut dire que ce café ne voit jamais rien venir !
Dieu merci, il n’a rien d’une vigie, et personne ne compte sur lui pour faire preuve de prescience !
Ceci étant dit, le métier de prophète semble avoir le vent en pompe, et on ne compte plus les manifestes et autres études prospectives qui promettent à peu près tout ce que l’on peut imaginer de l’avenir, à l’exception de ce qui va réellement advenir bien entendu.
Mais là, flemme.
02 mai 2026 (Samedi)
Café Cyrano. C’est un cap, c’est un roc, que dis-je ! C’est une péninsule ! Mais quoi donc ?
Sa flemme bien sur !
What else ?
Il n’en reste pas moins que nonobstant cette prédisposition à la recherche du moindre effort, il s’avère que le monde -ce fourbe- a une fois de plus d’autres projets pour ce café.
Ce qui le désole un peu, ce café, parce qu’il aurait bien continué à être vacant aujourd’hui.
Mais on ne fait pas toujours ce que l’on veut. D’ailleurs, quand fait-on ce que l’on veut en vrai ?
03 mai 2026 (Dimanche)
Café ludique. Il ouvre des boites, il étale des plateaux, il trie des cartes, il étudie des règles.
Par définition, un jeu, c’est plutôt simple : il a un début et une fin, à minima un protagoniste (quoique), une condition de victoire, et des règles précises qui y mènent. Tout le reste, y compris la défaite, est facultatif.
Le jeu n’est donc pas la vie, ou plutôt la vie n’est un jeu que si on la contraint à le devenir. Ce café sait combien c’est tentant.
Car le jeu est dans notre nature.
