11 mai 2026 / 17 mai 2026

Posté par Haslam Atufal le lundi 11 mai 2026

11 mai 2026 (Lundi)

Café azur. Il a une liste longue comme le bras de choses à faire, et bien évidemment aucune motivation pour les réaliser. Ceci est dans l’ordre des choses, car c’est ainsi que le monde opère : toujours à la dernière minute.

On pourrait penser ce café pétri d’embarras ou de mortification, mais loin s’en faut.
Il vient un âge où l’on apprend que les listes de choses à faire sont par nature inépuisables, et que seule la mort vient y apposer son terme.

Verdict ?
Inachevé, par définition.

12 mai 2026 (Mardi)

Café dentiste. Il a les dents si blanches que l’on dirait une publicité pour un dentifrice. Du coup il n’ose plus sourire de peur d’éblouir les conducteurs le long de l’avenue !

C’est un café qui a conscience de ses responsabilités.

Une qualité rare de nos jours, le sens des responsabilités.
Responsable, c’est vieux jeu.
Et comme responsable rime avec coupable, pas étonnant que plus personne ne veut.

C’est ballot, toutes ses responsabilités orphelines laissées à l’abandon…

13 mai 2026 (Mercredi)

Café flat white. Visiblement, il travaille encore ce café, ce qui visiblement aussi n’est pas le cas de la moitié du pays.

Notons que cela désole le barista, qui se voit déjà baisser le rideau à 16h. Ce n’est pas comme cela que l’on va redresser le PIB de la France !

En même temps, ce matin, j’en tendu Darmanin essayer de nous convaincre qu’il était de gauche, je cite « inchallah wallah je te jure ta mère en slip à Prisunic si je mens ! »

Mais j’ai peut-être mal entendu. L’audace, yada yada…

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14 mai 2026 (Jeudi)

Café vacant. Il chôme, il est férié. Il se dit que ne rien faire, c’est son état naturel, et que la moindre des choses serait que le reste de sa vie le réalise et l’accepte au plus vite.

Après tout, il n’y a pas de limite d’âge pour changer, et mieux vaut tard que jamais.

Néanmoins ce café sait l’immense pouvoir de l’inertie. Pour parvenir à un tel bouleversement, il faudrait faire un effort colossal !

Et là, ce café, il a une flemme olympique.
Il arrêtera donc de travailler demain.

Peut-être.

15 mai 2026 (Vendredi)

Café d’apothicaire. Il travaille avec soin sa composition, il sait que la ligne est fine du vin au vinaigre.
Les lois du chaos veulent qu’il suffit d’un rien pour passer de l’un à l’autre.

Ce café en veut pour preuve que, contrairement à une idée reçue, nous nous bonifions rarement avec l’âge. C’est même souvent l’inverse que l’on observe.

Cet état des lieux devrait pourtant nous surprendre. Si la vie était une école, ce serait une école particulièrement médiocre à délivrer une éducation.

16 mai 2026 (Samedi)

Café cartographe à la BNF.

Il s’imagine des contrées inconnues et des pays de cocagne.
Il visite des pays imaginaires et des terres inconnues.
Il pratique le voyage intérieur et les transports spirituels.

Non, la carte n’est pas le territoire, mais parfois la carte est mieux que le territoire, souvent d’ailleurs la carte précède le territoire.

D’ailleurs je soupçonne les cartographes de parfaitement savoir le pouvoir de prescription de la carte sur le réel.

Pas de symbole sans magie après tout.

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17 mai 2026 (Dimanche)

Café pinsons et hirondelles. Le jour s’est levé on ne sait trop comment on ne sait trop pourquoi, mais la vie est pétrie d’habitudes, ce qui lui permet de ne pas trop se poser de questions.

Du reste, il fait plutôt doux pour un mois d’octobre, et on finit par oublier la pluie quand elle est interminable.

C’est donc un café qui n’a aucune intention de sortir de sa grotte, un café intérieur, un café d’anachorète qui a décidé que ce jour est nul et non avenu.

Pour faire valoir à qui de droit.