18 mai 2026 / 24 mai 2026

Posté par Haslam Atufal le lundi 18 mai 2026

18 mai 2026 (Lundi)

Café hebdomadaire. Il s’étonne d’une semaine normale, puis il se souvient qu’elle ne le sera pas. Le sont-elles jamais d’ailleurs ?

Pour un long fleuve tranquille, la vie ne manque ni de méandres ni d’écluses.

Si je me fie aux dernières nouvelles, ce n’est pas beaucoup mieux ailleurs. L’une des conséquences du rapetissement du monde est la réduction drastique de la surface de l’herbe verte chez le voisin.

Ce n’est même plus le désenchantement du monde, c’est sa disparition pure et simple.

19 mai 2026 (Mardi)

Café émotif. Enfin, café vivant quoi.

Car finalement, quand on y pense un peu, l’émotion semble consubstantielle de la vie. Même la vie la plus végétative, la plus passive, exprime des émotions. C’est peut-être bien ça, la vie, de la matière pétrie d’angoisse existentielle.

D’ailleurs, que serraient nos idées sans les émotions pour les diffuser ? Et n’oublions pas qu’une opinion n’est qu’une émotion qui s’imagine penser.

Bref, ce café éprouve, et c’est une bonne chose, d’éprouver des choses.

20 mai 2026 (Mercredi)

Café séminariste, le retour. Il faut croire que la saison est ouverte.

Cette fois, il refait le Voyage à Nantes, et ce sera bien le diable s’il ne croise pas un éléphant ou deux.

Ceci dit, entre cette hypothèse et la réalisation de cette dernière se tient le boss de fin de niveau a.k.a la SNCF.

N’empêche, peu d’institutions n’ont atteint la stature mythologique de la Société Nationale des Chemins de Fer.

Heureusement que ce café est joueur.
Du reste, c’est le voyage qui compte, non ?

21 mai 2026 (Jeudi)

Café cocktail. Et ben ouais, il ne faut pas s’imaginer que l’on ne peut faire du café qu’avec du café ! Le café, ce n’est pas que du café ! Le café, c’est dans la tête qu’on le boit. Ce café a donc plein de couleurs, ce qui va bien au ciel bleu.

N’allez pas penser par ailleurs ce café inconséquent. Il a bien lu les nouvelles, il voit bien que ce monde est laid.

Mais ce n’est pas parce que le monde est laid et froid que ce café va renoncer au bien et au beau.

Lézardons tant qu’il est encore temps.

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22 mai 2026 (Vendredi)

Café sentiers battus et bien battus. Il déambule dans son ornière, il n’échappe pas aux rives qu’ils a lui-même creusées.

C’est que contrairement à une idée reçue, il est contenu avant d’être contenant. La forme informe le fond, bien plus qu’on ne l’imagine.

Toujours est-il que ce café progresse de lieux communs en platitudes, enfilant les truismes comme des perles que l’on achète en gros pour trois francs six sous.

Les lieux communs ont mauvaise presse, mais ce sont aussi des biens communs.

23 mai 2026 (Samedi)

Café estival. Il a ressorti les shorts informes et les chemisettes à manches courtes. Dieu merci, il n’a pas encore sombré au point de mettre aux pieds des claquettes chaussettes ou pire, des sandales Birkenstock.

Ce café n’a certes jamais été une référence vestimentaire, mais il lui reste encore un peu de cet amour propre désuet teinté de pudeur sociale qui autrefois fleurait bon la naphtaline et le savoir-vivre fin de siècle.

Quand on est personne, avoir l’air de rien est un droit inaliénable.

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24 mai 2026 (Dimanche)

Café lorem ipsum. Il comble les vides, il occupe le silence, il sert de “placeholder” comme disent les anglais.

“Placeholder”, un mot qui semble manquer au français. “Subsitut” laisse l’espoir que cela puisse durer mais pas “placeholder” qui indique clairement que l’on ne sert qu`à réserver une place.

Ce café, jamais en manque d’une opportunité pour afficher son cynisme, remarque que “placeholder” est peut être bien ce que l’on est, ce que la vie a fait en attendant mieux.

Peut être…