01 juin 2026 (Lundi)
Café déraisonnable. Bon, on ne va pas se mentir, la nature n’avait de toute façon pas été très généreuse avec ce café en ce qui concerne sa raison.
Ceci dit, la nature a été particulièrement radine sur tout le reste aussi, à croire qu’elle s’est acharnée sur ce pauvre café qui n’en demandait pas tant.
Toujours est-il que ce café déraisonne, ce qui lui donne paradoxalement le charme dont il a bien besoin pour compenser les armes dont il est dépourvu.

02 juin 2026 (Mardi)
Café flow. Comment ça, il est 22h30 ? Non mais elle est passée où au juste cette journée ? C’est une dinguerie ! (oui j’ai deux préados à domicile alors j’ai le droit de dire dinguerie)
Le paradoxe du flow, cet état d’attention intense, c’est que le temps s’évapore précisément parce qu’il n’est pas perdu. Dans cet état, on ne voit pas le temps passer, alors qu’il passe bel et bien, et ce sans égard pour les autres usages que l’on avait pour lui !
Bref. Ce café n’a rien vu, c’est bien sa veine…
03 juin 2026 (Mercredi)
Café tardif. Le charme du café nocturne, c’est le risque de la nuit blanche. C’est comme de joueur à la roulette russe avec une arme que l’on sait pertinemment chargée.
Mais l’homme est ainsi fait qu’il sait pertinemment l’erreur qu’il est en train de commettre - je dis l’homme en pensant à l’espèce puis réalise combien cette affliction est particulièrement masculine.
Bah.
Dans un monde voué aux machines, il faut croire que le sommeil est surfait…
04 juin 2026 (Jeudi)
Café Off Campus. Ce soir, on va lui parler d’amour, et dieu qu’il aime ça, ce café, qu’on lui parle d’amour.
En même temps, l’amour de nos jours, il ne court pas les rues. L’amour est devenu l’éléphant dans la pièce dont tout le monde parle, mais que l’on contourne comme si c’était normal d’avoir un éléphant dans son salon qui brille par son absence.
Je ne sais pas si ce café énonce clairement ce qu’il veut dire, mais c’est bon signe. Ce qui nous fait bafouiller compte…

05 juin 2026 (Vendredi)
Café qui a perdu le fil. Il ère dans son labyrinthe personnel, il navigue à vue. Il a oublié que c’est lui, le Minotaure, qu’il a un rôle à jouer, et que le comédien qui ne connaît pas sa fonction déraille.
Dans ces méandres qui se répètent à l’infini, ce n’est pas le monstre qui est grotesque, mais celui qui, prétextant le courage de l’abattre, s’aventure l’arme au poing pour finir le corps démembré.
C’est que la vie ne manque pas d’ironie.
Les héros n’ont plus la baraka d’autrefois.
06 juin 2026 (Samedi)
Café Marché de la Poésie. Enfin, dès qu’il aura fini de faire ce qu’il a à faire, mais il ira quoi qu’il arrive, qu’il pleuve ou qu’il vente !
En plus, (spoiler !), ce café ne se remet pas que Virgile ait littéralement osé terminé l’Énéide sur le meurtre brutal de Turnus par Énée, qui certes l’avait bien cherché, mais n’était au fond que le pion malheureux du ressentiment tenace de Junon.
En matière de chute, il se pose là, Virgile ! J’espère trouver du beau au marché. Mais peu de doutes 😅

07 juin 2026 (Dimanche)
Café de bonne facture. Il a de belles dents, et la croupe soyeuse.
Visiblement, ce café s’entretient. Cet animal ne plie pas sous le joug.
Mieux, il pondère les conséquences de ses causes, et sait énumérer toutes ses externalités. Il connait sa mesure, et mesure ses propos.
C’est donc un café de bon augure pour un dimanche matin, le problème étant que les dimanches matins sont éphémères et que très vite, on est dimanche soir, voir dans les cas désespérés, lundi matin.
Tempus fugit…