08 juin 2026 (Lundi)
Café mi-figue mi-raisin. C’est une authentique belle mauvaise journée, de celle où les bénédictions comme les emmerdes volent en escadrille. Si bien que l’on ne sait plus si on est satisfait ou dépité, ou même à quel saint se vouer, tellement le balancier prend un malin plaisir à ne jamais choisir un coté ou l’autre.
Ce n’est plus la roue de la fortune, c’est un tambour de lave-linge en plein essorage !
L’avantage, note ce café toujours pragmatique, c’est que je serais sec.
09 juin 2026 (Mardi)
Café oulipo. Ce matin, il a beurré ses enfants et habillé ses tartines. En digne héritier du grand blond avec une chaussure noire, il a fait de sa légendaire maladresse le fondement de sa réussite.
Alors, c’est sûr que vu de loin, le succès ne saute pas aux yeux. Mais ce café sait qu’il ne faut pas se fier au chaos dans ce bazar foutraque, et que tout est sous contrôle.
Et même si cela ne l’est pas, ce n’est pas comme si il avait le choix, ce café godiche. L’inattendu est une certitude.
10 juin 2026 (Mercredi)
Café improductif. Il semblerait aujourd’hui que le monde entier se soit ligué contre lui pour contrarier ses projets, quand bien même y mettrait-il du cœur, ce que ce café a bien du mal à faire par ailleurs.
C’est ainsi, ce café n’aura produit que de l’agitation, du bruit, du business dont la valeur ajoutée est proche de zéro, voir nulle, voire négative.
Il faut croire que certains jours sont faits pour ne par avoir lieu. Ainsi soit-il, se dit ce café philosophe.
11 juin 2026 (Jeudi)
Café radio libre.
Ce matin, dans le taxi, il écoutait les animateurs d’NRJ débattre de la bonne méthode pour gérer les enfants de ses amis à son mariage, puis des effets délétères du Karcher sur le crépis des murs quand on nettoie sa terrasse, pour finir par le problème de la flemme d’aller au cinéma quand on peut regarder des séries chez soi.
C’était bien par ailleurs, dynamique et tout, mais j’en ai déduis que la moyenne d’âge des auditeurs de cette radio n’est probablement plus 20 ans 😅
12 juin 2026 (Vendredi)
Café convenances. Il connait les règles tacites, il sait circuler dans les méandres des non-dits. Il a du nunchi comme on dit en Corée - le nunchi consiste à savoir au premier regard déchiffrer ce que pense autrui.
Ce café observe donc le silence, détaille le moindre geste, la main qui frémit, la pupille qui s’évade, l’intonation qui trahit le mensonge que les lèvres prononcent.
Chacun sait, mais chacun joue. Si on oublie les enjeux, la forme de la représentation importe plus que le fond.
13 juin 2026 (Samedi)
Café Grand Palais. Il avait rendez-vous avec Hilma, et il n’a pas été déçu du voyage.
En ressortant, il s’interroge : que sont devenus les authentiques utopistes ? De nos jours, tout semble tellement corrompu par le marché que l’innocence elle-même a des airs de directrice marketing cocaïnée.
La candeur n’est plus qu’un lointain souvenir. Hilma, de nos jours, serait probablement morte à 20 ans. Heureusement pour ce café, il fait beau 😅

14 juin 2026 (Dimanche)
Café sprint final. Année après année, il constate que le mois de juin a toujours cet air de fuite en avant que les derniers 100m donne au marathon.
À l’arrivée, l’été, les vacances et la vague satisfaction futile d’avoir à nouveau survécu à une énième année scolaire sans accroc.
Ce n’était pas comme ca avant, être parent. À croire que moins il y a d’enfants, plus ils prennent de place. Allez, dernière ligne droite avec, au bout du tunnel, et bien, la prochaine ligne droite évidemment 😅