29 juin 2026 (Lundi)
Café cargo. Il a rendez-vous avec la belle endormie et les plages du bassin d’Arcachon. Il y a pire comme lundi je suppose, mais ce café se demande si une telle dépense d’énergie est bien raisonnable.
Ceci dit, nous savons tous que le mot raisonnable ne désigne plus grand chose de nos jours. À bien des égards, le plus raisonnable dans nos circonstances, c’est bien de ne pas l’être !
Mais ce café sait bien aussi qu’il n’a rien d’un rebelle. Il est plus Fernando Pessoa que Che Guevara, ce gringo…
30 juin 2026 (Mardi)
Café de synthèse. Il écoute les grillons les grillons en travaillant, ce qui ne devrait pas être autorisé quand on y pense un peu. Heureusement pour ce café et sa productivité, il retrouve Panam ce soir. Il faut bien que quelqu’un se sacrifie pour le bien du PIB (qui en aura bien besoin !)
De toutes façons, on est à marée basse, ce n’est donc pas comme si j’allais aller me baigner. Je n’ai même pas eu le temps de voir le soleil se lever ce matin.
Vraiment, la vie, c’était mieux avant…
01 juillet 2026 (Mercredi)
Café 100% professionnel. Il est au top de sa todo list, il accumule les deadlines comme d’autres des cartes Pokemon. Comme disent les anglais, je suis pressé il est donc urgent de prendre son temps.
Du coup ce café écoute passer les corps des passants, car c’est bavard un corps quand on sait tendre l’oreille avec les yeux. Il y a de la musique dans une démarche, et des aveux dans une posture.
D’ailleurs, je me demande ce que le mien raconte dans mon dos. Probablement des horreurs 😅

02 juillet 2026 (Jeudi)
Café cartable. Il analyse les listes scolaires, il optimise ses achats. Il sait qu’il convient toujours d’avoir une calculatrice ou deux d’avance, que les compas viennent par deux, et que l’on a jamais assez de stylos.
Mais c’est aussi le dernier rituel par lequel s’achève une année studieuse avec la préparation de la suivante. Au delà de cette ligne débute les vacances pour les enfants 😅
Notons d’ailleurs que ce café ne sait toujours pas où il va cet été. On est laaaarge !
Hum 😆
03 juillet 2026 (Vendredi)
Café ciel bleu. Il écoute la lumière du soleil vibrer dans la canopé tandis que moutonnent quelques nuages perdus.
Une minute ou deux, il se laisser aller à oublier toute forme de raison, à commencer par la toujours très délicate raison d’être. Ce café bulle, il végète, il obtient enfin le silence dans sa tête.
Bon. Ça dure ce que dure le temps que prennent les anges pour passer. C’est lent, un ange, mais pas si lent qu’ils n’en finissent plus de passer.
Ils passent, et ce café passe aussi.

04 juillet 2026 (Samedi)
Café colonnades. Ce café a 48h pour écrire un roman, ce qui ne signifie qu’une seule chose : il est urgent d’aller faire autre chose !
Du coup ce café attend sagement l’ouverture du MAM parce qu’il a décidé que Brion Gysin lui donnerait peut-être assez d’inspiration pour éviter le désastre.
Quarante ans plus tôt, ce café aussi aurait adoré devenir hippie. Cela lui aurait évité des tonnes d’ennuis, du genre gagner sa vie , fonder une famille, trouver sa place ou écrire un roman en 48h.

05 juillet 2026 (Dimanche)
Café chien qui fume. Il profite de la fraîche à l’heure où dorment encore les bienheureux et les justes.
Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt, disent ceux à qui le monde appartient véritablement et qui ne se lèvent jamais avant 10h du matin.
Mais peu importe, on ne refait pas le monde aux terrasses des cafés, on le regarde juste tourner un peu, aller de gauche à droite puis de droite à gauche, indifférent à nous qui lui servont de témoin mais qui n’allons nulle part…
