06 juillet 2026 / 12 juillet 2026

Posté par Haslam Atufal le lundi 6 juillet 2026

06 juillet 2026 (Lundi)

Café lumineux obscur. Il ne sait pas quoi penser, et cela ne lui arrive pas souvent. Il y a quelque chose de suspendu dans l’air du temps.

Pour autant, il a la conviction confuse que les dés ont déjà été lancé, que le sort est scellé par avance, et qu’il est le seul à ne pas en avoir été informé.

Il s’agit donc d’une parenthèse, un intermède, une digression comme sait si bien les faire la vie estivale.

Fétu de paille dans l’oeil de cyclone, il n’y a que de la vanité à chercher à prédire le vent.

07 juillet 2026 (Mardi)

Café méridien. Il abandonne la verticale, il déraille l’horizon. Il trouve que cet été passe bien trop rapidement à son goût. Mais c’est le jeu paraît-il, le prix à payer lorsque l’on commence à accumuler trop années de service.

Tempus fugit, ita sit.

Du coup, ce café repense à Pascal. Pourquoi Pascal ? Aucune idée ! Il y a autant de points communs entre Pascal et ce café qu’entre une brouette et une clef usb. Mais c’est ainsi que fonctionne la libre association. Probablement la canicule…

08 juillet 2026 (Mercredi)

Café transhumance. Dernier séminaire de l’année. Cette fois, direction Chamonix, si les dieux de la SNCF sont d’accords.

Il n’a pas consulté les sybilles parce qu’il est comme ça, ce café, il aime laisser les surprises au hasard.

Ce qui est drôle avec la montagne, c’est que du coup la valise de ce café est un peu schizophrène. J’ai dedans de quoi survivre à la canicule comme au blizzard.

C’est fou autant de prévoyance pour être sur au final que tout ira bien…

09 juillet 2026 (Jeudi)

Café doudoune bottée. Ce matin, il a rendez-vous avec la glace au Col du Géant à plus de 3000 m. Du coup, il est vêtu comme un authentique randonneur d’hiver, ce qui, étant donné que le petit déjeuner est au bord de la piscine de l’hôtel, finit de le rendre totalement ridicule.

Heureusement, le ridicule ne tue pas, pas plus que le syndrome de l’imposteur caractérisant le francilien montant en haut d’une montagne 😅

Bah, au moins, avec 5 degrés annoncé au sommet, il sera frais, ce café…

2026-07-09-cafe

10 juillet 2026 (Vendredi)

Café ferroviaire. Il profite de ses derniers moments à l’ombre du Mont Blanc avant de rejoindre la Babylone caniculaire.

Paradoxalement, c’est long la fin du monde. Ce n’est que le début du début, les prémisses, les prolégomènes bavards d’un roman qui s’annonce brutal.

Mais soyons positif. Cela reste l’été le plus frais du reste de notre vie, pas vrai ? Se morfondre, ce café ne sait pas faire. Fondre par contre, c’est une autre histoire 😅

11 juillet 2026 (Samedi)

Café d’anachorète. Comme il a été lâchement abandonné par femme et enfants qui sont partis au frais pour 15 jours, ce café s’apprête à essayer de survivre seul dans une capitale qui brûle.

Heureusement, ce café est prévoyant ! Il a des pains de glace, des bonbons haribo et une pile de livres à lire. En admettant qu’il lui reste un neurone au delà de 35 degrés…

Alors il repense au fait qu’autrefois le glacier s’étendait de Chamonix jusqu’à Lyon.
Cette image le rafraîchit un peu, ce café 😅

12 juillet 2026 (Dimanche)

Café EPI. Même pas ivre virgule, il voulu profiter de sa solitude pour se lancer hier dans une “petite” réorganisation de sa bibliothèque.

Ha ha…

Le fou.

Résultat: il s’est couché à deux heures sans avoir fini et ce matin, sa bibliothèque ressemble à Guernica. Des monceaux de bouquins traînent absolument partout.

J’ai donc obtenu la preuve définitive et incontestable que non, la sagesse ne vient pas avec l’âge, et que si la valeur n’attend pas le nombre des ans, la sienne est encore à trouver😅