20 juillet 2026 / 26 juillet 2026

Posté par Haslam Atufal le lundi 20 juillet 2026

20 juillet 2026 (Lundi)

Café rue la Boëtie.

Cela peut paraître surprenant, mais le 8ième arrondissement est le plus littéraire de Paris. C’est que pendant la pause déjeuner, les cafés sont pleins de trentenaires dynamiques et motivés.
Les hommes sont en chemises, les femmes élégantes, et tout le monde a une histoire à raconter.

Son histoire.

C’est que faire des affaires, c’est aussi (d’abord ?) construire sa propre légende personnelle.

Et à 14h05, plus personne dans les brasseries. Il faut bien retourner bosser 😅

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21 juillet 2026 (Mardi)

Café complexe.
Complexe et compliqué, ce n’est pas pareil. Les choses complexes s’avèrent étonnamment simples, tandis que les choses compliqués jamais.

La complexité est limpide, là où la complication est opaque.

Par contre, il est remarquablement simple de faire compliqué, tandis que faire simple est souvent complexe. La simplicité est exigeante, il faut travailler dur.

Bref, ce café cherche le juste milieu, ce qui tend à prouver qu’il ne cherche pas à répondre à la bonne question.

22 juillet 2026 (Mercredi)

Café bleu tangerine.

Il a du cœur, ce café, je veux bien le lui accorder, mais avoir du cœur, ce n’est pas suffisant.

C’est fou quand on y pense le nombre de personnes qui ont un cœur qui bat et qui pourtant agissent comme si ce n’était pas le cas. Le cœur est nécessaire, mais pas suffisant pour faire démonstration de son humanité.

Comme quoi, la vie n’est pas si bien faite que cela.
Et tant mieux, puisque si elle l’était, qu’aurions nous à accomplir ?
Comme quoi la vie est bien faite…

23 juillet 2026 (Jeudi)

Café crampes.

Le principal problème du sport, c’est que l’on finit toujours par se découvrir des muscles dont on ne connaissait pas l’existence, muscles qui protestent très fort, et le font savoir.

Loin d’être devenu l’éphèbe que je n’ai jamais été, mon corps oscille donc entre le sac à patates oublié dans une cave humide et le corps du Christ le jour de la descente de la croix, en version bien pathétique, type quattrocento, voir flamande.

Bref, ce café ne va pas faire des folies de son corps.

24 juillet 2026 (Vendredi)

Café longiligne. Il trace au compas les contours qui le contiennent. Son encre de Chine ne bave jamais, et son cartouche est impeccable.

Il constate néanmoins un déséquilibre de sa géométrie, sans pour autant pouvoir identifier précisément l’origine de ce sentiment.

Qu’importe, se dit-il. Il est des questions dont on ne trouve les réponses uniquement si on se retient de les rechercher.

Du reste, dans 48h, ce café retrouvera femme et enfants. Alors il convient de faire bon usage de son temps 😅

25 juillet 2026 (Samedi)

Café bordelais. Il pense très fort au pays de la poche et de la chocolatine. Malheureusement, les pensées ne font pas spontanément apparaître des canadairs, pas plus qu’elles n’arrêtent les incendies, ou ailleurs encore font cesser les guerres.

Je me souviens juste de la belle endormie quand étudiant juvénile je déambulais sa rue Sainte Catherine avant d’aller prendre un café au Trop Belle Pour Toi.

Mais je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître.

26 juillet 2026 (Dimanche)

Café mi-figue mi-raisin. Il a fait seulement la moitié de ce qu’il comptait faire, mais comme il pense que cet état d’inachèvement est consubstantiel de la condition moderne, il se considère satisfait.

C’est un peu à l’image de la couche nuageuse qui recouvre actuellement son ciel, qui certes contribue à rafraichir mais se refuse à nous offrir la pluie dont nous aurions besoins.

Du coup, ce café va danser un peu et chanter aussi. Avec un peu de chance, il finira bien par tomber des hallebardes.