24 aout 2026 (Lundi)
Café pratico-pratique. Il commet des projections financières, il établit des budgets prévisionnels, il cartographie des trajectoires stratégiques, en d’autres termes Il fait des plans sur la comète, il sort des chiffres de son chapeau, et il fabrique des châteaux en Espagne.
Notons que j’ai bien dit commettre, comme on commet un crime.
Est-ce que cela ressemble à un lundi matin à boire du café industriel dans un open space à la moquette élimée ?
Bah, il est possible que je dramatise un peu 😅
25 aout 2026 (Mardi)
Café dans le déni. Il observe le spectacle médiatique avec une mixture d’effroi et de consternation. Comme le disait Raymond Devos, parlons de la situation, mais sans préciser laquelle.
Alors je vous pose la question mesdames et messieurs, est-ce en remettant toujours au lendemain la catastrophe que nous pourrions faire le jour même que nous l’éviterons ?
Enfin, je suppose que ce n’est pas en commettant des plagiats que l’on va sauver le monde…
Allez, ce café a des manches à retrousser.
26 aout 2026 (Mercredi)
Café dépassé par les évènements. En même temps, c’est bien ce qu’ils font, les évènements. S’il ne nous dépassaient pas, ils n’en mériteraient pas le nom, ces évènements.
Heureusement, tout à une fin, et par conséquent, les évènements également.
Enfin, peut être.
Toujours est-il que ca café a improvisé toute sa journée, et qu’il commence à se lasser. La nuit arrive à point nommé, elle offre le répit dont on a tous besoin.
Demain est un autre jour, et ce café entend bien reprendre la main.
27 aout 2026 (Jeudi)
Café de circonstance. Le problème fondamental du jeudi, son aporie, c’est que le jeudi n’est pas le vendredi, qui lui même n’est pas le samedi.
Cela peut sembler un tantinet pointilleux comme considération, mais chaque jour de la semaine à son zeitgest, si bien qu’il convient de les aborder individuellement d’une manière personnalisée, et non générique.
Car les jours ne se ressemblent pas, contrairement à une idée populaire reçue.
Bref, ce café n’est pas en week end, et cela le désole.
28 aout 2026 (Vendredi)
Café qui bruine et qui chuinte. Certes, il fallait bien que l’été cesse. Certes, il est dans la nature des saisons de passer.
Mais étions nous vraiment obligé de passer de la canicule à l’hiver d’un seul coup ?
Oui, ce café exagère un peu.
A-t-il rêvé, ou a-t-il vraiment vu passer une brochette de candidats présidentiels en soutenance devant des patrons à Rolland Garros ?
Ou bien était-ce une performance situationniste post-apocalyptique ?
Il y a des tartes à la crème qui se perdent moi je dis 😅
29 aout 2026 (Samedi)
Café grisaille. Aujourd’hui, il a rendez-vous avec Károly Ferenczy, puis les charmants Adya et Otto van Rees. Visiblement le soleil ne sera pas de la partie mais peu importe : la lumière, il faut la porter en soi.
Du moins, c’est ce que ce café pense, même s’il tient plus souvent du lampadaire défectueux ou de la chandelle fragile que de l’étoile polaire.
Mais que signifie briller sinon sortir du commun et de là approfondir encore plus la condition de sa solitude ?
Mais ce café n’a pas ce problème 😅

30 aout 2026 (Dimanche)
Café agélaste. Son caractère atrabilaire confirme l’excellent pedigree de son grain et de la qualité de sa torréfaction. Ce n’est plus un café, c’est le concentré infusé d’une éternité d’idées noires pour une nuit blanche.
Ce n’est donc pas un café recommandable.
Il contraste parfaitement avec la douceur de cette matinée dominicale, qui a un air d’œil du cyclone ou de calme avant la tempête.
Dehors, les canaris piaffent, et je sais ce qu’ils se disent: Septembre is coming, brace yourself !