28 septembre 2026 / 04 octobre 2026

Cafés pluvieux

Posté par Haslam Atufal le lundi 28 septembre 2026

28 septembre 2026 (Lundi)

Café Fritz-Kola parce que pourquoi pas ?

Il faut dire qu’il a floqué toute la journée ici (il floc => il a floqué dans mon Bescherelle perso), alors au point où l’on en est, on ne va pas chipoter.

De plus, je suis sûr qu’il existe une uchronie dans laquelle jamais Coca-Cola n’est devenu Coca-Cola, et dans ce monde là nous parlons tous allemand en buvant du Frtiz-Kola.

À moins que ce ne soit une vision du futur.

Qui sait ?
Pas moi.

Toujours est-il que je m’entraîne au cas où. Wunderbar, ya ? 😅

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29 septembre 2026 (Mardi)

Café Panam’. Ah, home sweet home ! Je commençais presque à m’habituer à la météo normale, aux gens sympas, et aux tarifs plus que raisonnables 😅

Dieu merci me voici revenu à la civilisation et à ses moeurs étranges:

Deux personnes qui s’engueulent devant un bar ?
Check.

Un taxi qui manque de tuer un cycliste ?
Check.

Des scientologues qui distribuent des flyers ?
Check !

Une meuf à poil en train de fumer une clope à son balcon ?
Mais nan, je déconne !

Elle avait une écharpe bleue 😁

30 septembre 2026 (Mercredi)

Café tombé de son piédestal.

Il est possible que ce café ait répondu sans réfléchir à une question de son adolescent au sujet de Maupassant - fléau des collèges - par la boutade suivante, “les mots de Maupassant sont de nos jours des mots passés”.

Et là, ce café a lu dans le regard d’habitude juvénile et plein d’espoir de ce jeune homme la perte total d’estime envers ce vieux bonhomme qui semblait si intelligent autrefois mais qui aujourd’hui n’est plus qu’un vieillard sénile 😂

01 octobre 2026 (Jeudi)

Café grand soir.

Il expliquerait bien à ses enfants que ce sont des petits joueurs dans leur bahut - un seul tir de mortier dans un couloir ! - car lui de son temps, il montait des barricades sans les mains et savait fabriquer des cocktails Molotov à 8 ans, sauf que cela ne serait pas hyper raccord avec ses précédentes explications, vu que ce café a toujours affirmé qu’à partir de 4 ans il allait à l’usine dès 3h du matin tout en évitant les raptors et les tigres à dents de sabre.

Tristesse 😅

02 octobre 2026 (Vendredi)

Café sans son. Pour la première fois depuis longtemps il fait moins de 10 degrés, et ce froid soudain semble avoir anesthésié jusqu’à la nature même de la réalité.

À moins que cette dernière ne retienne son souffle, dans l’attente d’une énième dinguerie de notre part.

Ou alors c’est vendredi, et le vendredi, personne ne sort parce que tout le monde est épuisé.

Burnout is the new black, comme disait je ne sais plus qui à ce café consterné de constater que l’idée que le monde va mal va bien.

03 octobre 2026 (Samedi)

Café qui danse. Il a révisé sa physique à la fête de la science, il s’est faufilé dans une manif contre les abattoirs, il a pioché des revues à la Halle des Blancs Manteaux, il est même allé se trémousser le long de la Pride.

Ce café ayant donc largement fait ses 10000 pas, il ne faut plus rien lui demander !

En même temps, qui aurait l’idée saugrenue de lui demander quoi que ce soit, à ce café ?
Quiconque le connaît un peu sait qu’il obtient de tout de lui celui qui n’en attend rien 😅

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04 octobre 2026 (Dimanche)

Café brutal.

En prenant des nouvelles du monde, il se dit à nouveau que la violence est une fièvre, et que le propre de la fièvre est de se répandre par capillarité, le long des failles invisibles et innombrables qui érodent les murailles de notre forteresse cognitive.

Plus on se pense étanche - les naifs disent “objectif” - et plus elle prend l’eau, cette caravelle que l’on nomme “je”.

Aujourd’hui ce café a rendez-vous avec le barbier de Séville. Il compte sur Figaro pour se changer les idées.