05 octobre 2026 / 11 octobre 2026

Cafés qui roulent...

Posté par Haslam Atufal le lundi 5 octobre 2026

05 octobre 2026 (Lundi)

Café sans suite.

Pour une raison obscure, il se souvient de Margaret et de son « There is no alternative », parce qu’il pressent que l’on va bientôt nous faire le coup.

Le pressentiment, c’est un mot merveilleux quand on y pense un peu. Pressentir, c’est deviner par avance non pas ce qui va se produire - ça c’est la prémonition - mais ce que l’on va éprouver à cause de ce qui va se produire.

Et pour paraphraser mon maître à penser Jamel Debbouze, il aime pas trop beaucoup ça, ce café…

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06 octobre 2026 (Mardi)

Café piétons.

Aujourd’hui, il va place de la Rép ajouter son body au bodycount parce que quitte à se faire rémigrer l’an prochain autant savoir pourquoi 😅

Il espère juste que ca ne se finira pas en battle d’aura avec les CRS, parce qu’il a passé l’âge, ce chibani.

On aurait dû s’inquiéter quand le terme forces de l’ordre a supplanté gardien de la paix.

Est ce que cela va changer quoi que ce soit à quoi que ce soit ? Le cynique en moi en doute, mais il pourra au moins se regarder dans le miroir.

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07 octobre 2026 (Mercredi)

Café préambule.

Il se souvient de l’énergie communicative de la foule, il se remémore son bain de jeunesse, qui à défaut d’être un bain de jouvence le console un peu du monde qui s’en vient.

Car il s’en vient, ce monde, il est même inéluctable. Il croit qu’il marche sur l’eau, mais on l’attend de pied ferme. Il finira par boire la tasse.

En attendant, ce café a aussi constaté que les aphorismes ont encore de beaux jours devant eux. La punchline est aussi un bien commun 😅

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08 octobre 2026 (Jeudi)

Café qui glande.

Si Zenon d’Élée n’avait pas été philosophe mais employé quelconque dans la grande tertiairisation du monde, nul doute qu’il aurait noté le caractère absurde de la notion de deadline.

Aucun Achille jamais ne peut atteindre la tortue de l’échéance, puisqu’en toute circonstance il reste toujours du temps, aussi petit soit-il.

Ce café a donc décidé de tester cette théorie en faisant de sa procrastination un art de vivre, ce qui est bien l’objet de la philosophie, n’est ce pas ? 😅

08 octobre 2026 - 18h (Jeudi)

Chocolat chaud comme la braise.

Un peu plus tôt dans son RER, la passagère d’en-face était plongée dans un ouvrage qui traite des bonnes façons de « vaincre le Waswâs », question fondamentale s’il en est mais dont le traitement dépasse de loin la limite en caractère de mon serveur Mastodon.

Notons juste que le doute est consubstantiel de la nature humaine, comme l’est le désir de le faire taire.

Vaine poursuite me direz-vous ?
Ceux qui ne savent pas le disent, ceux qui savent ne disent rien.

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09 octobre 2026 (Vendredi)

Café sans prétention.

Contrairement à une idée reçue, il y a une différence substantielle entre n’être personne et n’être rien. Car être personne, aussi anodin et commun que cela puisse paraitre, c’est tout de même être quelqu’un.

Si bien que paradoxalement personne n’est personne, combien même on essaierai régulièrement de nous faire croire qu’il y a d’une part les gens qui réussissent et de l’autre ceux qui ne sont rien.

Et de toute façon, rien, c’est déjà beaucoup.

10 octobre 2026 (Samedi)

Café qui n’a pas vu passer sa journée.

Don’t blink, time flies, pourrait-il lire sur les murs de Camden Town si ce café était à Londres. Mais ce café n’a pas longé la Tamise aujourd’hui.

Il serait d’ailleurs parfaitement incapable d’expliquer ce qu’il a fait de sa journée.
Elle ne fut pourtant pas oisive ou paresseuse, et ce café fur fort occupé.

C’est juste je suppose ce qui se produit quand l’agitation ne produit rien de bien tangible sinon le vague sentiment de n’avoir rien fait d’important.

11 octobre 2026 (Dimanche)

Café dominical.

Ce marin d’eau douce avait d’abord écrit dominicain parce qu’il pensait à Cuba, avant de se reprendre en se disant que si ces 2 républiques sont géographiquement proches l’une de l’autre un cubain n’aimerait peut-être pas être confondu avec un dominicain, et vice versa.

Toujours est-il que ce café pense à Cuba, un cigarillo fictif au bout des doigts, et le coeur peiné par ce que les cubains subissent loin des caméras.

Mais les pensées coeur-avec-les-doigts ne sauvent pas le monde.